Home SociétéFaits diversModernisation des transports : Dakar Dem Dikk franchit un cap numérique

Modernisation des transports : Dakar Dem Dikk franchit un cap numérique

by Aicha Diop

La société nationale de transport public a inauguré son tout nouveau Centre de contrôle opérationnel (Cco). Ce dispositif de dernière génération, financé à coût constant grâce à une renégociation stratégique, marque une rupture majeure vers la gestion en temps réel du réseau et l’interopérabilité des transports dakarois.

Par Justin GOMIS – La société nationale de transport Dakar Dem Dikk (Ddd) a procédé hier à l’inauguration de son Centre de contrôle opérationnel (Cco). Ce joyau technologique porte le nom de Mme Safiétou Samba Mbodj, témoin vivant des 25 années d’histoire de l’entreprise depuis l’époque de la Sotrac. Il s’inscrit dans une logique de modernisation globale engagée à travers la digitalisation intégrale des systèmes d’exploitation.
L’entrée en service de ce Cco s’apprête à révolutionner fondamentalement le fonctionnement de la société. «On est parti d’une exploitation avec des données non maîtrisées à une gestion en temps réel. Aujourd’hui, nous pouvons voir la position exacte des bus et l’état du trafic. Nous pouvons interagir avec les conducteurs et réajuster les lignes à tout moment. De plus, la sécurité est renforcée grâce à un système de vidéosurveillance (Cctv) embarqué, permettant de visionner l’intérieur et l’extérieur des véhicules en direct», a expliqué Assane Mbengue, Directeur général de Ddd. A l’en croire, cette véritable «tour de contrôle» va transformer durablement l’expérience des usagers en leur offrant plus de visibilité et de facilité sur le réseau.

Vers un ticket unique : Ddd, Brt et Ter
Les ambitions de la direction ne s’arrêtent pas là. Un nouveau système de billettique est attendu prochainement pour amorcer une transition vers l’interopérabilité des transports. «L’ambition des autorités est de mettre en place un système de ticket unique qui permettra de prendre à la fois le bus Dakar Dem Dikk, le Brt et le Ter. C’est une mécanique que nous voyons dans beaucoup de pays ; nous l’avons réalisée ici grâce à l’expertise locale, avec nos équipes internes et l’orientation de notre ministère de tutelle», a informé M. Mbengue.
Cette modernisation sonne en revanche le glas du métier traditionnel de receveur dans les bus, jugé trop lourd pour l’exploitation. Le Directeur général s’est toutefois voulu rassurant quant à l’impact social de cette mesure : «Le métier disparaît dans le bus, mais nous accompagnons une évolution. Cette mutation va permettre à tout le personnel de trouver sa place dans le développement de l’entreprise. Il n’y aura aucune suppression d’emploi.»
Sur le plan financier, la mise en place de ce centre a été rendue possible grâce à un financement étatique préexistant, mais optimisé. «Nous avons renégocié avec les partenaires pour intégrer le Cco dans le même financement, alors qu’il ne faisait pas partie du projet initial. En termes de budget additionnel, pas un seul franc n’a été ajouté. Nous l’avons fait avec l’enveloppe initiale, en obtenant des solutions améliorées», a précisé le Dg.
A la tête de la société depuis deux ans, Assane Mbengue affiche un bilan qu’il juge très positif, évoquant un sentiment du «devoir accompli». Installé en juin 2024 avec l’ambition de redresser un héritage vieillissant, il se félicite des résultats financiers : «D’un solde négatif fin 2024, nous avons enregistré, pour la première fois, un solde positif à la clôture de l’exercice 2025.» Il a également salué l’amélioration des conditions de travail, l’achèvement de plusieurs gares et l’apurement intégral des dettes des coopératives d’habitat.
Selon lui, les tentatives antérieures de digitalisation avaient échoué, se limitant à une billettique basique bien que les projets aient été entièrement payés. «Le projet Iveco trouvé sur place relevait du même schéma restreint. Convaincus que Dakar Dem Dikk méritait mieux, nous avons mené une renégociation exigeante pour aboutir à ce système de dernière génération», se réjouit-il.
Pour le ministère des Transports, ce centre s’impose désormais comme l’un des piliers du programme de transformation numérique de l’entreprise, ouvrant la voie à une exploitation plus intelligente, connectée et performante.

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