Face aux retards et manquements constatés dans l’exercice de la déclaration de situation patrimoniale des dirigeants publics, Action pour les droits humains et l’amitié (Adha) monte au créneau. L’organisation de la Société civile exige de l’Ofnac une application rigoureuse de la loi n°2014-17, rappelant que la transparence et la redevabilité ne sont pas négociables dans une démocratie.
Dans un communiqué de presse publié ce mercredi 24 juin 2026 à Dakar, Action pour les droits humains et l’amitié (Adha), présidée par M. Adama Mbengue, a tenu à rappeler le caractère strictement obligatoire de la déclaration de patrimoine. Régie par la loi n°2014-17 du 02 avril 2014, cette démarche impose aux agents publics assujettis de déclarer l’intégralité de leurs biens auprès de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (Ofnac). Cette formalité doit obligatoirement intervenir dans un délai de trois mois à compter de leur entrée en fonction, ainsi qu’au moment de leur sortie. Pour l’Ong, ce mécanisme ne relève pas du bonus, mais constitue une exigence fondamentale pour garantir la transparence, la bonne gouvernance et la redevabilité envers le Peuple.
Adha insiste sur le fait qu’aucune fonction, aussi prestigieuse soit-elle, ne permet de se soustraire à cette obligation légale. Le communiqué dresse une liste non exhaustive des personnalités formellement assujetties : le président de la République et le Premier ministre ; les membres du gouvernement et les députés ; les présidents et membres des institutions constitutionnelles ; les gouverneurs, préfets, sous-préfets et ambassadeurs ; les directeurs généraux d’établissements publics et de sociétés nationales, et les comptables, receveurs publics, ainsi que les agents des Douanes, des Impôts, des Domaines et des marchés publics. «La loi n°2014-17 du 02 avril 2014 est d’application obligatoire. Nul ne saurait s’en affranchir, quels que soient son rang, sa fonction ou son statut», martèle l’organisation.
Un constat préoccupant et des exigences fortes
Malgré la clarté des textes, Adha exprime sa vive préoccupation face au manque de conformité et au respect insuffisant de ce dispositif, qui fragilise la consolidation de l’Etat de Droit. Pour inverser la tendance, l’organisation demande à l’Ofnac d’assumer pleinement son rôle de gendarme de la transparence en faisant preuve de fermeté et d’impartialité. A cet effet, l’Ong formule quatre exigences majeures : l’application immédiate et effective des sanctions prévues par la loi contre tous les assujettis défaillants ; la publication régulière de données sur le niveau de conformité des hauts fonctionnaires ; la production d’un rapport public annuel dédié spécifiquement à l’état des déclarations de patrimoine ; et le renforcement des moyens d’action et de l’indépendance institutionnelle de l’Ofnac.
Adha conclut en réaffirmant qu’elle restera pleinement mobilisée pour veiller au grain, car la transparence reste un «devoir envers les citoyens» et le socle d’une gouvernance démocratique exemplaire.