Home SociétéJaxaay – Un réseau de «charlatanisme numérique» démantelé par la Dsc : 8, 5 millions de F extorqués à un éleveur

Jaxaay – Un réseau de «charlatanisme numérique» démantelé par la Dsc : 8, 5 millions de F extorqués à un éleveur

by Aicha Diop

Envoûtée après avoir bu un liquide «béni», la victime a bradé le cheptel familial sous la dictée de prétendus djinns. La Division spéciale de lutte contre la cybercriminalité (Dsc) a mis fin aux agissements de deux escrocs dont le cerveau utilisait les fonds pour construire sa maison.

C’est une affaire digne d’un scénario de film, mêlant mysticisme traditionnel et transactions numériques, que vient de résoudre la Division spéciale de lutte contre la cybercriminalité (Dsc). Deux individus ont été déférés au Parquet pour des faits gravissimes : escroquerie, charlatanisme numérique et blanchiment de capitaux.
Tout commence au courant de l’année 2025, dans l’enceinte même du Commissariat de Jaxaay. C’est là que le principal suspect repère sa proie. Se faisant passer pour un guide spirituel bienveillant, il aborde la victime et lui promet de faire prospérer son activité d’élevage. Pour ce faire, il lui impose un «listikhar» (une consultation spirituelle) et lui remet une fiole contenant un liquide prétendument béni.
Le piège se referme aussitôt. Dès l’ingestion du breuvage, la victime bascule dans un état de soumission psychologique totale. Privée de son libre arbitre, elle obéit aveuglément à toutes les exigences financières du faux marabout. Le mode opératoire est bien huilé : l’escroc réclame sans cesse des fonds, prétextant des offrandes urgentes exigées par des djinns (rawanes).
Le cheptel familial bradé en catimini
Au total, la victime va verser la somme colossale de 8 500 000 F. Preuve de la modernisation des pratiques de charlatanisme, la majeure partie des fonds, soit 6 500 000 F, a été transférée via Orange Money, tandis que les 2 000 000 F Cfa restants ont été remis en espèces.
Pour honorer ces sacrifices imaginaires, la victime n’a pas hésité à dépouiller sa propre famille. Elle a vendu en catimini 9 bœufs du cheptel familial sur le marché de Kounoune. C’est finalement le père de la victime, alerté par des mouvements de bétail et des comportements financiers suspects, qui découvre le pot aux roses en avril 2026. Il dépose immédiatement une plainte qui saisit la Dsc.
Interpellés par les cyber-enquêteurs, les deux suspects sont rapidement passés aux aveux. Le cerveau de la bande a confessé sans détour avoir injecté l’argent extorqué dans la construction de sa maison en milieu rural.
Les investigations continuent : l’analyse des comptes des mis en cause a révélé de nombreuses autres transactions suspectes. La Dsc soupçonne l’existence d’autres victimes et poursuit ses investigations.
Face à la récurrence de ces pratiques, la Police nationale réitère son appel à la vigilance face aux mirages du gain facile et de la manipulation mystique.

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