Vers un dialogue national d’un genre nouveau au Sénégal ? C’est en tout cas le vœu partagé par le chef de l’Etat et une large coalition d’organisations de la Société civile. Suite à l’Atelier national de contribution portant sur les avant-projets de lois issus des dialogues nationaux, le consortium des organisations de la Société civile a officiellement pris position à travers un communiqué publié ce jour.
Un format plus souple, direct et économique
La Société civile a tenu à saluer la démarche de la Présidence, qui propose des concertations nationales selon un format «plus direct, plus souple et surtout moins onéreux». Pour les signataires, cette approche axée sur l’écoute de proximité constitue une avancée démocratique majeure. Elle répondrait d’ailleurs à un plaidoyer de longue date pour des espaces de discussion débarrassés des filtres habituels, favorisant ainsi des échanges sincères et un rapprochement indispensable entre les citoyens et les institutions de la République.
Parmi les avantages mis en avant par le consortium, on note une meilleure qualité d’interaction, une réduction des coûts organisationnels pour l’Etat, et une capacité accrue à faire émerger des consensus durables face aux défis économiques, sociaux et institutionnels du moment.
L’exigence d’une inclusion totale : de l’opposition au secteur informel
Cependant, pour que ces concertations portent leurs fruits, la Société civile pose ses conditions et formule des recommandations strictes quant à la méthode. Elle insiste pour que la table des discussions soit la plus large, inclusive et équilibrée possible.
Le communiqué recommande d’y associer une diversité impressionnante d’acteurs : les figures politiques de tous bords, incluant les anciens premiers ministres, les anciens présidents de l’Assemblée nationale, ainsi que l’ensemble des forces de la majorité et de l’opposition ; les autorités religieuses, coutumières et les leaders communautaires ; le monde universitaire, intellectuel, syndical et les acteurs des médias ; les forces économiques du pays, notamment les organisations professionnelles, les commerçants et les travailleurs du secteur informel et les organisations de femmes, de jeunes, ainsi que les associations de personnes vivant avec un handicap.
L’autre point crucial soulevé par le consortium concerne l’ordre du jour. Les signataires estiment que les discussions ne doivent sous aucun prétexte se cantonner aux seules réformes électorales ou institutionnelles. «Les concertations doivent intégrer pleinement les préoccupations quotidiennes des Sénégalaises et des Sénégalais», martèle le communiqué.
La Société civile exige que la lumière soit faite sur des dossiers brûlants tels que le coût de la vie, la dette publique, la transparence des finances publiques, l’accès aux services sociaux de base (santé, éducation), l’emploi des jeunes et la justice sociale.
Le consortium -qui regroupe 20 organisations de premier plan telles que le Cosce, le l’Ong 3D, le Forum du justiciable, la Raddho, le Réseau Siggil Jiggeen, la Ligue sénégalaise des droits de l’Homme- lance un appel vibrant à l’ensemble de la classe politique et des acteurs nationaux. Il les invite à répondre favorablement et avec «esprit d’ouverture» à l’initiative présidentielle. L’objectif ultime reste de préserver la stabilité légendaire du Sénégal et de restaurer durablement la confiance entre gouvernants et gouvernés.