Home JusticeDécisions de la Cour suprême : Farba libre, PMN envoyé en prison

Décisions de la Cour suprême : Farba libre, PMN envoyé en prison

by Aicha Diop

Coup de théâtre à la Cour suprême ce mardi 28 avril 2026. Après 425 jours de détention, le député-maire des Agnam, Farba Ngom, voit la haute juridiction confirmer sa libération, bloquée à chaque fois à cause de nombreux recours du Parquet. Cette décision met fin à quatorze mois d’un bras de fer judiciaire intense entre la défense et le Ministère public, et ouvre la voie à son élargissement immédiat. 

Par Justin GOMIS – Il a passé la nuit chez lui hier, entouré des siens, après 425 jours en prison. L’épilogue d’un feuilleton judiciaire qui tenait le Sénégal en haleine est enfin tombé : ce mardi, la Cour suprême a tranché en faveur de Farba Ngom, figure centrale de l’Alliance pour la République (Apr). En annulant les actes qui justifiaient son maintien en détention, la haute juridiction a levé le dernier verrou qui bloquait sa sortie de prison, au grand soulagement de ses conseils et de ses partisans. En attendant l’obtention d’un non-lieu, comme l’a souligné Me Baboucar Cissé, son avocat, pour refermer ainsi une parenthèse carcérale de 14 mois qui aura marqué l’actualité judiciaire de ce début d’année 2026.

L’affaire commence officiellement le 27 février 2025. Ce jour-là, l’élu des Agnam est placé sous mandat de dépôt. Les chefs d’accusation sont lourds : des soupçons de blanchiment de capitaux et d’infractions financières portant sur des transactions estimées à 125 milliards de francs Cfa, suite à des rapports de la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif).
Depuis cette date, le parcours de Farba Ngom a été marqué par une instabilité procédurale chronique, avec une succession de recours du Ministère public via sans doute la Chancellerie qui avait ordonné l’ouverture d’une procédure distincte, détention de téléphones portables, tombée comme un château de cartes. Malgré l’obtention d’une liberté provisoire devant la Chambre d’accusation financière, le Parquet général près la Cour d’appel de Dakar avait formé un pourvoi en cassation, suspendant systématiquement sa sortie. Il s’en est suivi une longue bataille de procédure : ses avocats n’ont cessé de dénoncer la «fragilité juridique» des charges et un acharnement visant un responsable de l’ancien régime. Au total, l’homme politique aura passé un an, deux mois et un jour derrière les barreaux, avant que le Droit ne penche en sa faveur.

«Une victoire de la Justice»
Pour la défense, cet arrêt est une consécration. Me Baboucar Cissé savoure cet instant : «La Cour suprême a fait preuve de rigueur en annulant toutes les charges. Il n’y a plus de débat possible, la libération est effective et immédiate.» En cassant la décision contestée du Parquet général, la Cour suprême a invalidé le fondement même de la détention, rappelant implicitement que la rigueur de la procédure est le rempart indispensable contre l’arbitraire, particulièrement dans les dossiers financiers complexes.
La libération de Farba Ngom, symbole de la puissance financière et politique sous la Présidence de Macky Sall, va inévitablement secouer la scène politique nationale. Alors que le pays reste divisé sur la conduite des enquêtes visant les anciens dignitaires, cet arrêt de la Cour suprême replace la présomption d’innocence et le respect des formes juridiques au centre du débat public.

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