Home PolitiqueRéformes institutionnelles au Sénégal : Mimi Touré défend l’inclusion

Réformes institutionnelles au Sénégal : Mimi Touré défend l’inclusion

by Aicha Diop

Lors d’une conférence de presse tenue ce lundi, la Coalition Diomaye-Président a levé le voile sur les coulisses des grandes réformes constitutionnelles et électorales à venir. Si Aminata Touré a magnifié un processus «inclusif» impliquant le sommet du Législatif, Me Abdoulaye Tine a apporté un bémol de taille, dénonçant le recours à la procédure d’urgence pour certains ajustements du Code électoral. Un processus «main dans la main» avec l’Assemblée ?

Pour Aminata Mimi Touré, il n’est pas question de laisser dire que l’Exécutif fait cavalier seul. L’ancienne Première ministre a martelé que les avant-projets de loi découlent d’une maturation collective. Selon elle, le processus ne s’est pas arrêté aux Assises de la justice de 2024 ou au dialogue politique de 2025 : il s’est prolongé par une collaboration technique directe avec le Parlement. «Le président de l’Assemblée nationale et le président du groupe parlementaire ont participé au processus, notamment à travers le comité de relecture», a-t-elle précisé, citant nommément El Malick Ndiaye et Ayib Daffé. Pour la coalition, cette implication dès l’amont garantit que les textes ne sont pas le produit d’un travail «enfermé dans un bureau», mais le reflet d’un consensus solide entre les pouvoirs.

Les quatre piliers de la «Nouvelle République»
Le chantier présenté par Mimi Touré repose sur quatre réformes structurelles visant à traduire les promesses de campagne de Bassirou Diomaye Faye : la révision de la Constitution pour un meilleur équilibre des pouvoirs, la création d’une Cour constitutionnelle, en remplacement de l’actuel Conseil constitutionnel, la réforme du Code électoral, marquée par l’avènement d’une Commission électorale nationale indépendante (Ceni) et la refonte du cadre juridique des partis politiques, incluant la régulation de leur financement.
Cependant, l’unité de façade au sein du pouvoir a laissé apparaître une divergence notable. Me Abdoulaye Tine, tout en soutenant le fond des réformes -notamment la fin de l’instrumentalisation de la justice-, s’est élevé contre la méthode employée pour modifier les articles L.29 et L.30 du Code électoral par la majorité parlementaire de Pastef aujourd’hui.

L’avocat, figure historique de la résistance au sein du M23, conteste le recours à la procédure d’urgence. «L’élection présidentielle n’est prévue qu’en 2027», a-t-il rappelé, estimant qu’aucun impératif de calendrier ne justifie de se passer de consultations approfondies avec l’opposition et la Société civile. Pour lui, s’écarter de la voie tracée par les dialogues nationaux pour une «logique unilatérale» risque d’effriter l’élan unitaire initial.

Malgré ces réserves internes, le calendrier s’accélère. Les textes, déjà publics, doivent être examinés en Conseil des ministres avant d’être transmis aux députés. Aminata Touré a invité les citoyens et les médias à s’approprier ces documents, qu’elle qualifie de «participatifs et consensuels», y voyant l’ultime étape vers une consolidation pérenne de la démocratie sénégalaise.

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