Clôturant les Assises nationales des daaras, le Premier ministre Ousmane Sonko a salué un tournant majeur pour le système éducatif sénégalais. Entre justice sociale et modernisation, le chef du gouvernement a réaffirmé l’engagement de l’Etat à intégrer pleinement ces institutions ancestrales au cœur de la stratégie «Sénégal Vision 2050», promettant de porter personnellement les conclusions de ces travaux devant le président de la République.
Par Badé SECK – En présidant la cérémonie de clôture des Assises nationales des daaras, le Premier ministre Ousmane Sonko s’est félicité des résultats issus de deux jours de délibérations intenses et de convergences «fécondes». «Ma gratitude, entière et sincère, va à l’ensemble des acteurs qui ont rendu ce moment possible. A vous, chers participants, j’exprime ma profonde reconnaissance pour la qualité de vos contributions», a-t-il déclaré avec satisfaction.
Pour le chef du gouvernement, ce rendez-vous historique -voulu par le chef de l’Etat comme un pivot de la trajectoire éducative nationale- a tenu ses promesses au-delà des espérances. Il a souligné un engagement désormais «indéfectible et solennel» du gouvernement à intégrer les daaras dans le système éducatif, tout en préservant leurs spécificités culturelles et cultuelles. Selon lui, ces assises ne sont pas une simple rencontre : elles scellent une «alliance historique» entre une exigence de justice sociale trop longtemps différée et une impulsion politique visant à ancrer les daaras au cœur du référentiel «Sénégal Vision 2050».
Ousmane Sonko a précisé que ces résultats ne sont le fruit ni du hasard ni de l’improvisation. Ils découlent d’une inclusion territoriale sans précédent, ayant mobilisé les Borom daara et les Serigne daara depuis l’échelon communal jusqu’au niveau régional, sous l’égide des autorités administratives. «Vos délibérations, d’une haute teneur scientifique et d’une richesse intellectuelle remarquable, ont permis de tracer avec clarté les contours du Daara de demain», a-t-il ajouté. Un modèle qu’il veut réconcilié avec lui-même, capable d’articuler l’exigence spirituelle avec les impératifs de modernité, de productivité et de compétitivité.
Le Premier ministre a également tenu à remercier les partenaires au développement, notamment la Banque mondiale et la Banque islamique de développement (Bid). Leur soutien, à travers des programmes structurants comme le Pamodes et le Pipadh, témoigne, selon lui, d’une volonté commune d’accompagner la refondation du système éducatif sénégalais. Au-delà des réformes techniques, Ousmane Sonko a insisté sur la dimension symbolique de ce chantier : «L’enjeu est d’une portée civilisationnelle. Il ne s’agit pas seulement de réformer une institution, mais de réconcilier le Sénégal avec lui-même, en rendant à notre patrimoine éducatif ancestral la dignité et le rayonnement qu’il n’aurait jamais dû perdre.»
De la pensée à l’action publique
En conclusion, le Premier ministre s’est engagé à transmettre personnellement l’intégralité des recommandations au président de la République pour des orientations définitives. L’objectif est clair : transformer la réflexion en politiques publiques concrètes pour que chaque enfant sénégalais puisse, au sein d’un daara rénové, accéder à l’excellence. Il a enfin rappelé que la refondation curriculaire demeure un impératif de gouvernance et une priorité absolue du «Projet» éducatif nouveau, désormais en marche.