« La politique constitue-t-elle le dernier rempart de la virilité ? La politique serait-elle une pratique masculine qui renvoie à un imaginaire masculin ? », s’est ainsi interrogée Seynabou Ndiaye Sylla, en 2001, dans « Femmes et Politiques au Sénégal : contribution à la réflexion sur la participation des femmes sénégalaises à la vie politique de 1945 à 2001 » son mémoire de DEA. Le constat est unanime : depuis les sociétés traditionnelles, la politique était un domaine presque exclusivement masculin et s’exprimait en termes d’autorité, de contrôle et de domination. Cependant, au Sénégal, les femmes ont toujours été présentes dans l’espace politique, malgré sa domination de fait ou institutionnalisée par les hommes.
La période pré coloniale sénégalaise a été marquée par des femmes exceptionnelles devenues de grandes actrices politiques. C’est le cas de Yassine Boubou, huitième Damel du Cayor, un royaume pré-colonial situé à l’ouest du Sénégal actuel, qui à travers ses exploits politiques répertoriés entre 1673 et 1677, incarne aujourd’hui le djom (courage) dans les légendes populaires. On peut citer aussi les reines Ndatte Yalla (1810-1860) et Djembeut Mbodj (1800-1846) du Waalo, etc.
«Pour arriver à élire une femme présidente de la République, il nous faudrait… »
Au mois de mai 2010, une sorte de révolution se produira sous le régime libéral. En effet, avec le vote de la loi n° 2010-11 du 28 mai 2010 sur la parité entre hommes et femmes dans les fonctions électives, le nombre des députés femmes était alors passé de 33 à 64 sur un total de 150 à l’Assemblée, soit 42,7 %. Et la tendance a progressé au fil des années. Cette avancée spectaculaire met en évidence le résultat positif du combat des femmes pour le progrès et le leadership féminin.
Le système patriarcal sur lequel repose la structure familiale, donc sociale, est un frein à la responsabilité citoyenne des femmes qui n’arrivent pas à participer de manière égalitaire à la construction et au développement socioéconomique de leurs pays.