Home PolitiqueRencontre Pm-Patronat : DE LÔ DANS LES ROUAGES – Les 6 engagements du Pm

Rencontre Pm-Patronat : DE LÔ DANS LES ROUAGES – Les 6 engagements du Pm

by Aicha Diop

Face aux tensions économiques et à la nécessité de redynamiser le tissu productif national, le Premier ministre Ahmadou Alhaminou Lô a tenu une réunion stratégique avec une quinzaine d’organisations patronales à Dakar. A cette occasion, le chef du gouvernement a dévoilé six recommandations majeures articulées autour de la vision référentielle «Sénégal 2050», visant à faire de l’initiative privée le véritable moteur de la croissance. Entre apurement de la dette intérieure, renforcement des fonds propres et réformes institutionnelles, cette rencontre marque un tournant décisif dans les relations Etat-patronat.

Par B. SAKHO – L’heure est grave. Et les urgences n’attendent pas pour un Etat au bord de la rupture et des entreprises du secteur en situation de faillite. Réunir donc plus de quinze représentants du secteur privé national au Building administratif de Dakar pour fixer une feuille de route commune : l’acte posé ce jeudi par le Premier ministre, Ahmadou Alhaminou Lô, va bien au-delà de la simple rencontre protocolaire. Dans une conjoncture internationale et nationale délicate, le gouvernement sénégalais choisit de placer l’entreprise privée au cœur de la trajectoire de développement tracée par le référentiel «Sénégal 2050».
Pour matérialiser cette ambition, le chef du gouvernement a formalisé six directives centrales : restaurer le cadre de dialogue permanent entre l’Etat, les administrations et le patronat, améliorer l’environnement des affaires, notamment en publiant sans délai les textes d’application du Code des investissements et en fluidifiant les opérations douanières et portuaires, orientations d’investissement axées sur l’attractivité des territoires, l’industrialisation et le développement des filières, mise en œuvre de projets «catalytiques» structurants pour l’économie national, règlement définitif de la dette intérieure, avec un calendrier fixe prévoyant l’apurement à partir de la fin octobre et Plan de soutien et de redressement dédié aux entreprises privées en difficulté.
L’annonce d’un calendrier précis pour l’apurement de la dette due aux entreprises constitue l’un des signaux les plus forts envoyés au monde des affaires, tout comme la recommandation ferme faite aux Ple d’augmenter leurs fonds propres par l’ouverture du capital ou l’introduction en bourse afin de capter de grands financements.
Cette concertation entre le Premier ministre et les leaders du secteur privé intervient à un moment charnière pour le Sénégal, marqué par des contraintes macroéconomiques fortes et un besoin urgent de liquidités au sein du tissu économique national. Le niveau de la dette intérieure est une contrainte majeure pour les entreprises locales, particulièrement les Pme-Pmi. Les retards de paiement de l’Etat compriment la trésorerie des acteurs économiques, limitent leurs capacités d’investissement et augmentent les risques de défaillance. En fixant une échéance concrète d’ici la fin octobre pour entamer le règlement définitif des créances, le gouvernement envoie un signal fort de responsabilisation qui pourrait restaurer la confiance de l’écosystème financier.

Une bouffée d’oxygène financière indispensable
Face aux tensions budgétaires publiques, l’Etat ne peut plus porter seul le fardeau de l’investissement de croissance. En articulant le cadre «Sénégal 2050» autour de l’initiative privée, le gouvernement demande aux capitaux nationaux de prendre le relais. La recommandation incitant les entreprises à «se capitaliser» et à se regrouper pour proposer des «manifestations d’intérêt» sur des projets catalytiques est un changement de paradigme : il s’agit d’amener le patronat local à rivaliser en maturité financière avec les investisseurs étrangers.
L’accent mis sur l’accélération des procédures au Port autonome de Dakar, la révision de l’application du Code des douanes et du Code des impôts, ainsi que la fin de l’opacité au nom du «secret administratif» touche directement aux coûts opérationnels des entreprises. En période de crise, les lourdeurs bureaucratiques agissent comme une taxe invisible ; lever ces freins constitue une mesure de relance à coût budgétaire direct quasi nul pour l’Etat.
La création d’un groupe de travail restreint Etat-privé et l’invitation faite aux chefs d’entreprise à dialoguer avec le Parlement visent à prémunir les réformes contre la fragmentation décisionnelle. Dans un environnement incertain, la lisibilité réglementaire et fiscale constitue la première garantie exigée par les investisseurs.
Cette initiative jette les bases d’un contrat de confiance renouvelé. Sa réussite résidera désormais dans la rapidité d’exécution des promesses faites, à commencer par le paiement effectif des créances intérieures et le recensement des entreprises en détresse.

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