Home Sports« Dakar est une ville géniale ! » rencontre avec la jeune championne de skate américaine Minna Stess

« Dakar est une ville géniale ! » rencontre avec la jeune championne de skate américaine Minna Stess

by Aicha Diop

De passage à Dakar dans le cadre d’une mission de tutorat avec la fédération nationale de roller skate, la jeune olympienne spécialiste du skateboard a rencontré les équipes du Comité d’Organisation des JOJ Dakar 2026. L’occasion pour l’athlète américaine de 20 ans de signer le Mur des Olympiens à Kër Ayo.

ParLaura Fortes25 septembre 2026 19h006 min. lecture

De Petaluma en Californie où elle a grandi, à Paris où elle a participé à ses premiers Jeux Olympiques alors âgée de seulement 18 ans, Minna Stess garde toujours cette excitation de l’enfance lorsqu’elle grimpe sur sa planche de skate.  

Et pourtant, elle fréquente les compétitions de haut niveau depuis l’âge de 11 ans. En 2021, elle devient la plus jeune gagnante des championnats nationaux américains en skateboarding park, sa spécialité. En 2023 et 2025, elle décroche la médaille de bronze lors des Championnats du monde de skateboard park avant d’aller représenter les États-Unis aux JO de Paris 2024. 

Échange avec la plus jeune athlète – et première américaine – à signer le Mur des Olympiens à Dakar.

À quel âge avez-vous commencé le skate ? Vous souvenez-vous de ce que vous avez ressenti à l’époque en découvrant ce sport ? 

J’avais deux ans quand j’ai commencé le skate, je ne me souviens pas de ce que j’ai ressenti parce que… j’avais 2 ans ! J’étais tellement jeune ! Mais je me souviens de la première fois où j’ai fait un « drop-in »*, et c’était vraiment la meilleure sensation qui soit ! C’était à Hawaï, j’étais tellement excitée, juste à l’idée de faire quelque chose. Et j’ai appris ça toute seule alors, c’était vraiment la meilleure des sensations. 

*manoeuvre de skateboard permettant de s’élancer sur un module incliné 

Est-ce votre première fois au Sénégal ? En Afrique ? Que pensez-vous de Dakar ? 

Oui, c’est ma première fois au Sénégal et en Afrique. Je trouve que Dakar est une ville géniale ! Je ne savais vraiment pas du tout à quoi m’attendre et en réalité, je n’avais aucune attente. J’ai une amie dont la famille est originaire de Dakar, alors je lui en ai parlé et elle était super contente. Elle vit à New York, mais sa famille est à Saly. 

Qu’est-ce que ça fait de voir votre nom inscrit sur le Mur des Olympiens, ici à Dakar ? 

C’est dingue, et être la première Américaine à y apposer ma signature, c’est complètement fou aussi ! Je ne savais même pas qu’il y avait un mur ici, et quand on m’a invitée à venir faire ça, je me suis dit : « Quoi ? C’est génial ! » C’est vraiment incroyable !

En quoi le skateboard vous aide-t-il à connecter avec différentes cultures à travers le monde ? Pouvez-vous nous raconter dans quel contexte vous êtes venue à Dakar ? 

Le skate est un sport tellement unique. Il m’a permis de rencontrer tant de gens que je n’aurais jamais rencontrés sans le skateboard, et de pouvoir venir ici… Je n’aurais jamais imaginé, quand j’ai commencé le skate, que je viendrais au Sénégal avec l’ambassade des États-Unis. 

Je suis venue ici en tant qu’envoyée américaine pour la diplomatie sportive. Et juste venir partager mes connaissances, parler de skate, encadrer un groupe d’enfants qui veulent se lancer dans le skate, rencontrer des entraîneurs qui veulent aider ces enfants… C’était une nouvelle expérience pour moi et je suis contente d’avoir pu la vivre ; c’était super sympa. 

Comment s’est passée cette expérience de tutorat aux côtés de jeunes skateurs sénégalais ?  

Ça a été une expérience vraiment géniale pour moi, parce que je n’avais aucune attente. Et je me disais : « Oh, les gens veulent écouter ce que j’ai à dire, c’est dingue ! » J’ai beaucoup appris moi aussi, et j’espère que les enfants et les entraîneurs ont beaucoup appris de moi également, parce que j’ai beaucoup appris d’eux. Ça m’a permis d’envisager le skate d’une manière différente, comme je ne l’avais jamais fait auparavant. Ça a donc été une expérience vraiment, vraiment enrichissante.

En quoi le fait d’avoir participé aux Jeux Olympiques de Paris 2024 a façonné votre approche du skate, de l’entraînement et de l’aspect mental de ce sport ? 

Je dirais que je n’ai pas donné le meilleur de moi-même à Paris, mais je me suis dit : « Bon, c’est juste une compétition de plus, ça va ! » J’ai l’impression que ça m’a fait prendre conscience que le skateboard est simplement un sport où, parfois, les choses ne se passent pas comme on le voudrait. Et ça a été dur, de voir que ça ne se passait pas comme je le voulais. C’était décevant, mais ça m’a fait apprécier davantage ce sport. 

C’est surtout une prise de conscience. Quand ça arrive, tu te dis : « C’est la vie, c’est comme ça que ça se passe », mais je suis contente d’avoir vécu cette expérience : d’être allée là-bas, d’avoir découvert le village olympique, d’être avec mes amis les plus proches et de skater avec tout le monde. Quand j’y repense, c’était vraiment dingue. 

Vous êtes passée pro et avez franchi des étapes importantes à un très jeune âge. Qu’est-ce qui a été le plus difficile dans le fait de grandir dans le monde du sport de haut niveau ? 

Le skateboard de compétition, c’est intéressant parce que, vous savez, personne ne commence le skate pour faire de la compétition. C’est juste… un truc sympa à faire ! Alors quand je suis devenue pro, j’avais l’impression de ne pas vraiment comprendre que je participais à des compétitions de haut niveau. En fait, j’ai fait ma première compétition pro quand j’avais environ 11 ans. J’ai battu quelques pros et je me suis dit : « Waouh, c’est dingue ! » Je ne sais pas, ça s’est passé assez naturellement.

Quel conseil donneriez-vous aux athlètes qui participent aux JOJ Dakar 2026 ? En particulier à ceux qui compétissent en skateboard ? 

Je leur dirais simplement : « Allez-y et amusez-vous ». C’est une expérience unique – même si j’espère que vous ne la vivrez pas qu’une seule fois –, mais profitez-en pleinement. Profitez de tout, prenez plein de photos et de vidéos pour pouvoir les regarder plus tard. Créez-vous des souvenirs, et ne pensez pas trop à la compétition.  

Évidemment, vous voulez être concentrés et réussir, mais au final, ce sera surtout un souvenir, quelque chose auquel vous repenserez sur long terme, alors oui, profitez-en ! 

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